Notre excursion du 23 juin 2019 (Sélestat – Rosheim) : 1ère partie, la Bibliothèque Humaniste de Sélestat

Le 23 juin 2019, par une belle journée ensoleillée qui précéda l’arrivée de la canicule, notre excursion annuelle nous a conduit à visiter le matin la Bibliothèque Humaniste de Sélestat et l’après-midi la petite ville de Rosheim.

A la descente du bus à Sélestat

Le bus nous déposa devant le lycée du Docteur Koeberlé. Construit sous le Reichsland, entre 1910 et 1912, il porta d’abord le nom de Gymnasium Wimpfeling, en l’honneur de Jacques Wimpfeling (1450-1528), grand humaniste rhénan né à Sélestat, philosophe, théologien, pédagogue et historien. Devenu un Lazarett (hôpital militaire) en 14-18, l’établissement, redevenu une école, prit en 1925 le nom du Docteur Eugène Koeberlé (1828-1915), chirurgien renommé, originaire de Sélestat.

Le lycée du Docteur Koeberlé, construit en 1910-1912, témoigne de l’architecture officielle en vogue sous le Reichsland.

Nous rejoignîmes rapidement la Bibliothèque Humaniste de Sélestat, qui après 4 années de travaux a rouvert ses portes en 2018. Ce trésor de l’humanisme rhénan s’est constitué en plusieurs étapes, du XVe au XVIe siècle, à l’initiative du curé Jean de Westhuss recteur de la paroisse Saint Georges de Sélestat. En 1452, il légua sa bibliothèque personnelle à l’église paroissiale Saint Georges pour que ces manuscrits, écrits sur du parchemin ou du papier, puissent servir aux maîtres et élèves de l’école latine de Sélestat, un établissement à la renommée grandissante. A sa suite, d’autres anciens élèves et maîtres de cette école latine léguèrent une partie de leurs livres à cette bibliothèque paroissiale Saint Georges installée dans une petite pièce d’une tourelle sur le bas-côté sud de l’église. On peut citer les legs du Sélestadien Jacques Wimpfeling, ancien élève de l’école, ou ceux des anciens maîtres Louis Dringenberg ou Martin Ergersheim. Sur les rayons de la bibliothèque, les ouvrages religieux côtoyaient les grands auteurs classiques de l’Antiquité (Sénèque, Valerius) et les écrits des humanistes rhénans et italiens (Erasme, Pétrarque). Cette richesse renforça le rayonnement de l’école latine de Sélestat qui devint un des établissements les plus réputés du Saint Empire Romain Germanique pour son enseignement humaniste ( le goût de l’Antiquité, des langues savantes, la soif d’apprendre et l’art de la critique). En 1510, l’école latine de Sélestat aurait accueilli près de 900 élèves venus de Lorraine, de Bourgogne, du pays de Bade, de Suisse.

Mais l’apport le plus important fut le legs du grand humaniste alsacien, Beatus Rhenanus (1485-1547), né à Sélestat, ancien élève de l’école latine, qui légua à sa ville natale plus de 600 ouvrages. Sa collection fut d’abord conservée dans la salle des archives de l’Hôtel de Ville de Sélestat, puis à la fin du XVIIè siècle, elle fut placée dans une salle du bâtiment de la douane, sur la place du Marché aux Grains. Il fallut attendre 1757 pour que les ouvrages de Beatus Rhenanus intègrent la bibliothèque paroissiale Saint Georges qui échappa au saccage révolutionnaire des biens religieux. En 1841, la ville ouvrit une bibliothèque publique à l’Hôtel de Ville , sur la place d’Armes, et les précieux ouvrages y furent transférés. Mais très vite, comme la ville procédait à des achats et que la bibliothèque enregistrait de nouvelles donations, les locaux furent trop petits.

Sous le Reichsland, il fut décidé de réaménager la Halle aux Blés pour y installer cette bibliothèque de Sélestat qui devint aussi musée pour présenter ces magnifiques ouvrages remontant aux XV-XVIè siècles. La Halle aux Blés, oeuvre de l’architecte Gustave Klotz, fut construite sur la place du Marché aux Grains en remplacement de l’ancienne douane et elle ouvrit ses portes le 1er mars 1845. Suite aux travaux de restructuration de cette Halle aux Blés qui conserva son aspect extérieur, la bibliothèque musée fut inaugurée le 6 juin 1889. Elle se voulait le témoin de cette « République des savants « , cette période intellectuelle très riche de l’Humanisme et de la Renaissance où les lettrés de tous pays communiquaient entre eux en latin.

L’ancienne entrée de la bibliothèque humaniste : sur la façade, l’inscription allemande Stadtbibliothek-Museum et les deux blasons de l’aigle impérial allemand et du lion de Sélestat, qui figure sur les armoiries de la ville. A l’arrière-plan, on reconnaît le clocher gothique de l’église paroissiale Saint Georges, à gauche, et à droite, le clocher roman de l’église sainte Foy.

Alors qu’en 1914-18, les ouvrages furent mis en sécurité dans les caves de la Halle aux Blés, ils voyagèrent beaucoup durant la Seconde Guerre mondiale. Transférés dans le château de Hautefort, près de Périgueux, à l’automne 1939, les précieux livres furent ramenés à Sélestat sur ordre des autorités allemandes après l’armistice de juin 1940. A partir de 1942, par crainte des bombardements, les collections furent mises à l’abri dans les caves du château du Haut-Koenigsbourg.

En 1952, pour le cinquième centenaire de la Bibliothèque, le bâtiment fut doté d’une nouvelle salle de lecture à l’étage puis de nouvelle vitrines permirent d’exposer les objets les plus précieux . En 2011, la bibliothèque de Beatus Rhenanus fut inscrite au Registre Mémoire du monde de l’UNESCO. En 2014, la Bibliothèque fut fermée pour quatre années de travaux et de réamanégement, un projet mené par par l’architecte Rudy Ricciotti, le concepteur du MUCEM à Marseille. Ce Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée (MUCEM) fut inauguré en 2013. La Bibliothèque Humaniste de Sélestat, entièrement rénovée et agrandie, rouvrit ses portes en 2018. L’architecte rajouta au bâtiment du XIXè siècle une extension habillée de grès rose et de verre pour accueillir des espèces de convivialité et les locaux administratifs. La salle d’exposition est entièrement réorganisée et propose de nombreuses vitrines interactives, utilisant l’outil numérique.

Devant la nouvelle entrée de la Bibliothèque Humaniste, située maintenant à côté de l’extension de grès et de verre conçue par Rudy Ricciotti.

Pour la visite, nous fûmes divisés en deux groupes et l’un des guides nous donna des explications dans la nouvelle partie rajoutée par Rudy Ricciotti.

L’autre groupe démarra avec la grande salle d’exposition.

L’architecte a doté le bâtiment d’une charpente antisismique et dans la partie vitrée, au fond de la salle d’exposition, se trouvent les livres les plus précieux. Divisée en plusieurs secteurs, la salle d’exposition aborde tous les aspects de l’humanisme et des bouleversements de ces XV-XVIè siècle (les Grandes Découvertes, la Réforme, la naissance de l’imprimerie), à travers de nombreuses vitrines, souvent interactives grâce à l’utilisation de l’outil numérique.

Dans l’ancienne Bibliothèque Humaniste, les ouvrages les plus précieux étaient juste exposés derrière cette grille de fer forgé, installée en 1920 par le maître ferronnier Joseph Andres. Cette grille est désormais visible sur le sas d’entrée de la nouvelle salle d’exposition.

Sur la grille, le ferronnier Andres a représenté à droite les armoiries de Sélestat, le lion couronné (une allusion au blason de l’empereur Frédéric II Hohenstaufen qui fit de Sélestat une ville libre d’Empire en 1217), et à gauche les armoiries de l’illustre Sélestadien Beatus Rhenanus, anobli par l’Empereur Charles Quint en 1523.
Devant l’une des nombreuses vitrines de la salle d’exposition qui plongent le visiteur dans le bouillonnement intellectuel de l’humanisme.

Un nécessaire astronomique (cadran solaire et boussole) utilisé lors des voyages des Grandes Découvertes des XV-XVIè siècles : cet ensemble a été réalisé chez Christopher Schissler (1531-1608), célèbre fabricant d’instruments astronomiques d’Augsbourg.

La carte du Nouveau Monde découverte en 1492 par Christophe Colomb dans l’édition de 1520 de la Cosmographie de Ptolémée.

Le manuscrit de la Cosmographie de Ptolémée, rédigée à Alexandrie en 150 après Jésus Christ par Ptolémée, fut amené en Italie au début du XVè par Manuel Chrysolaros (1355-1415) qui quitta Byzance, menacée par les Ottomans. La traduction du manuscrit en latin fut achevée en 1414 et la première impression de l’ouvrage, en latin, eut lieu en 1477 à Bologne. Jusqu’en 1578, il y eut 24 éditions de cette cosmographie avec un rajout perpétuel de nouvelles cartes en fonction des découvertes des Grands Navigateurs.

La cosmographie de 1507 imprimée à Saint-Dié chez Vautrin Lud (1448-1527) avec la première mention du mot Amérique (America).

Le mot Amérique fut adopté en 1507 par le cartographe et imprimeur de Saint-Dié Martin Waldseemuller (1470-1520) : il proposa d’appeler ces nouvelles terres découvertes à l’ouest de l’Europe « Amérique » en hommage au navigateur florentin Amerigo Vespucci qui avait atteint les côtes brésiliennes en 1506. A son retour en Europe, il affirma avoir atteint un nouveau continent alors que Christophe Colomb était persuadé d’avoir atteint les Indes par la route de l’Ouest lorsqu’il atteignit les Antilles le 12 octobre 1492, après avoir quitté l’Espagne le 3 août.

Sur ce volet d’un retable de l’hôpital Saint Erhard d’Obernai, peint vers 1508, le peintre a représenté à gauche Saint Nicolas et à droite Saint Martin. Alors que Saint Martin coupe son manteau pour en donner une partie au mendiant, Saint Nicolas touche un homme frappé du « mal des ardents » . Cette maladie provoquée par la consommation de seigle parasité par le champignon de l’ergot provoquait des gonflements abdominaux, des hallucinations. La première description scientifique de l’ergot du seigle se trouve dans l’herbier du botaniste allemand Adam Lonitzer (1528-1586), un ouvrage présent dans la collection de la Bibliothèque Humaniste

Les Sermons du prédicateur Jean Geiler (1445-1510) de Kaysersberg, l’un des précurseurs de la Réforme protestante. Ecrit en latin, ce livre fut imprimé en 1518 à Strasbourg chez Johann Grüninger.

Certaines vitrines présentent bien sûr l’enfant le plus célèbre de Sélestat, Beatus Rhenanus, de son vrai nom Beat Bild. Il naquit à Sélestat le 22 août 1485 dans le foyer du boucher Antoine Bild et de son épouse Barbara Kegel. Comme le boucher était originaire du village de Rhinau, au bord du Rhin, il était surnommé « Rhinower ». Le jeune Beat grandit dans une famille aisée et reconnue puisque son père, Antoine Bild, fut membre du Magistrat municipal de Sélestat. Mais à l’âge de deux ans, Beat perdit sa mère victime de la phtisie. Son père se chargea de son éducation et dès l’âge de 6 ans il fréquenta l’école latine située tout près de la boucherie familiale.

Le cahier d’écolier du jeune Beat, vers l’âge de 13 ans : sur cette page il étudiait un passage du livre V des Fastes d’Ovide (43 av JC – 17 ap JC). Au centre, l’élève a copié en latin le texte dicté par son professeur et à côté et entre les lignes, le jeune Beat a noté les commentaires du professeur, souvent en latin, parfois en allemand.

A 15 ans, Beat maniait la langue latine, connaissait les grands auteurs de l’Antiquité. Il poursuivit ses études à Paris, de 1503 à 1507, au collège du cardinal Lemoine et perfectionna sa formation humaniste au contact de Jacques Lefèvre d’Etaples, du théologien flamand Josse Clichtove,… Durant ce séjour parisien, Beat Bild latinisa son nom pour devenir Beatus Rhenanus, une référence à Rhinau, berceau de la famille. De retour en Alsace, il s’installa à Strasbourg, travailla chez des imprimeurs comme correcteur et philologue (analyste critique) et fréquenta ainsi toute l’élite intellectuelle alsacienne. En 1511, il partit pour Bâle pour profiter des leçons du grand helléniste Jean Kuhn. Chez l’imprimeur bâlois Froben, Beatus Rhenanus prit en charge la direction des publications et lui-même se consacra à l’édition critique des textes gréco-romains, traquant les erreurs et négligences des copistes par rapport au texte d’origine qu’il maîtrisait par sa connaissance des langues antiques. Il lia une amitié avec le grand humaniste hollandais Erasme(1466-1536) venu travailler à Bâle en 1514 sur une publication du Nouveau Testament en grec assorti d’une traduction latine et de commentaires. Ensemble, ils publièrent les écrits des Pères de l’Eglise, comme St Jean Chrysotome, St Augustin. A la mort d’Erasme, Beatus Rhenanus rédigea la première biographie de l’humaniste hollandais et en 1540, il supervisa la première édition des oeuvres complètes d’Erasme, en 8 volumes. Beatus Rhenanus s’intéressa aussi beaucoup à l’histoire .

Beatus Rhenanus (1485-1547), né à Sélestat, mort à Strasbourg alors qu’il voulait rejoindre Sélestat où il fut enterré, fut anobli en 1523 par l’Empereur Charles-Quint..

La lettre d’anoblissement de Beatus Rhenanus octroyée le 18 août 1523 par l’Empereur Charles Quint pour « son dévouement et sa fidélité, son expérience et sa science réputée, singulière inépuisable ».

Les armoiries de Beatus Rhenanus : l’écu doré est traversé par une bande de couleur bleu-gris délimité par deux rives rouges et surmonté d’un homme aux cheveux blonds, couvert d’écailles sous le nombril et avec deux nageoires en guise de bras. Ces éléments symbolisent le Rhin, fleuve auquel se rattache l’humaniste dont le berceau familial se trouvait à Rhinau, village des bords du Rhin.

Lorsque l’Alsace fut agitée par le vent de la Réforme, Beatus Rhenanus qui accueillit d’abord favorablement les premiers écrits réformateurs, resta fidèle au catholicisme. Et comme Bâle et Strasbourg adoptèrent la Réforme, il revint se fixer à Sélestat en 1528 et continua à publier des ouvrages sur Tacite, Tite-Live, sur le Moyen-Age germanique.

Le 20 juillet 1547, âgé de 62 ans, Beatus Rhenanus mourut à Strasbourg où, gravement malade, il fit étape sur le chemin de retour d’une cure en Allemagne qu’il se résolut à abréger. Il fut enterré à Sélestat et fit don à sa ville natale de sa bibliothèque personnelle, riche de près de 670 volumes, une bibliothèque restée quasiment intacte depuis le XVIè siècle et joyau de la Bibliothèque Humaniste de Sélestat.

Un secteur de la salle d’exposition est consacré à l’invention de l’imprimerie, qui permit la propagation rapide des idées en passant du livre manuscrit au livre imprimé, avec des pupitres interactifs. On y trouve le buste du grand imprimeur strasbourgeois Jean Mentel, né à Sélestat en 1410. En 1458, deux ans après l’impression à Mayence de la première Bible par Gutenberg, Jean Mentel ouvrit un atelier d’imprimerie à Strasbourg et développa l’invention de Gutenberg. L’atelier de Mentel, très renommé, imprima en 1460 la première Bible latine à Strasbourg et en 1466 une édition en langue allemande, accessible au grand nombre. Jean Mentel décéda à Strasbourg en 1478.

Un secteur de la salle d’exposition présente Sélestat au temps de Beatus Rhenanus, ainsi que des objets découverts en 2016, lors des travaux.

Une vue de Sélestat parue dans la Cosmographie Universelle de Sebastien Munster (1489-1552) dans une édition française imprimée à Paris en 1575. On y lit en titre « Selestad ou Schletstad, cité impériale, située au milieu du pays d’Alsace en fort bon lieu ». Ce titre de cité impériale lui vient du fait qu’en 1217 l’Empereur Frédéric II Hohenstaufen en fit une ville libre d’Empire.
La maquette de Sélestat au XVIè siècle : l’abbaye Sainte Foy (1), l’église paroissiale Saint Georges (2) où se trouvait la bibliothèque paroissiale, la porte des remparts (3), l’école latine (4), la Grande Boucherie (5), siège de la corporation des bouchers dont Antoine Bild, le père de Beatus Rhenanus, fut un membre influent, la résidence des abbés d’Ebermunster (6)

Erasme qui fut bien accueilli à Sélestat lors de son passage en 1514, rédigea un texte de louanges à la ville, appelé l’Eloge de Sélestat, dont voici quelques extraits, publiés dans l’excellent livret Bibliothèque Humaniste, Trésor de la Renaissance, en vente à l’accueil : « Illustre Sélestat […] D’où te vient ton génie, si fécond,si généreux, Quels astres brillèrent au-dessus de ton berceau ? […] Le privilège, qui n’est qu’à toi, c’est que seule, toi si petite, tu donnes le jour à autant d’hommes distingués par les mérites de l’esprit […] D’autres enfantent des hommes, toi tu produis des génies. »

La fresque de 1462 que le curé Michel d’Ochsenstein fit peindre sur les murs de la bibliothèque paroissiale avec l’inscription « Pro Christi laude lege libros postea claude » ( Pour la louange de Dieu lis ces livres et referme-les). Disparue lors de travaux de rénovation de l’église Saint Georges en 1862, cette fresque fut reproduite dans la Halle aux Blés qui accueillit à partir de 1889 la Bibliothèque Humaniste.

Une tour canonnière en céramique du XV-XVIe siècle trouvée en 2016 lors des travaux de fondation de l’extension contemporaine imaginée par Rudy Ricciotti. Il pourrait s’agir d’un modèle réduit de fortification faisant office de jouet d’enfant.

Un lèche frite des XV-XVIè siècle, trouvé sur le chantier, en 2016 : cette céramique était placée sous les viandes rôties à la broche pour recueillir le jus et les graisses de cuisson.

Dans cette vitrine se trouve une côte de baleine dite « côte de Sletto » : ce serait une côte du géant Sletto fondateur légendaire de la ville de Sélestat. Cette légende est évoquée par Beatus Rhenanus dans son « Histoire de la Germanie » dont l’un des volumes se trouve dans la vitrine.

A l’issue de cette très riche visite de la Bibliothèque Humaniste de Sélestat nous allâmes déjeuner à Kogenheim dans l’excellente Auberge Fritsch.

L’après-midi nous partîmes pour une visite ensoleillée de la cité de Rosheim.

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